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  • Voda z dračí studánky

    Voda z dračí studánky (L'Eau de la source du dragon) de Vojtech Martínek, avec des illustrations et un graphisme de František Bělohlávek (1924-2019), 151 pages, éditions Profil, Ostrava, 1969 (2ème édition) En parcourant ma bibliothèque de livres tchèques, je constate que les ouvrages qui me marquent le plus sont pour la plupart créés par des artistes qui semblaient y trouver avant tout un moyen de subsistance. Produits durant la période communiste, ces livres pour enfants sont devenus un espace de liberté artistique qui me fascine. Pourtant, cette époque reste douloureuse : souvent, une grande qualité graphique accompagne des textes de propagande ou des messages si contrôlés, sans rien qui dépasse, qu’il paraît presque insensé d’avoir publié des œuvres au graphisme aussi libre et créatif. D’un côté, on bride les textes, on enferme la pensée ; de l’autre, on confie les illustrations aux meilleurs artistes pour offrir aux enfants un univers graphique d’une immense richesse. Souvent, ces artistes n’ont illustré que quelques livres. Certains y ont fait carrière mais s’arrêtent à la chute du mur, revenant à leur art personnel, comme si cette aventure leur avait coûté trop cher. Voda z dračí studánky  fait partie de ces ouvrages. František Bělohlávek a peu illustré pour la jeunesse ; pour l’instant, je n’ai référencé que deux de ses ouvrages pour enfants, publiés entre 1965 et 1969, dont celui-ci, une deuxième édition avec une couverture moins frappante que la première. Son approche de l’illustration est méthodique : les symboles et éléments sont stylisés avec précision, dans un travail de pochoir, de découpage de l’encre et de bichromie. Entre motifs héraldiques et références folkloriques, le thème est clairement posé. L’utilisation de la double page structure le récit en deux parties, chaque dessin répondant à l’autre pour poser les éléments essentiels de la narration. Le décor s’installe ainsi comme des isotypes folkloriques dont les formes frappent le regard. Les couleurs récurrentes, le noir et le rouge, sont fortes et imposent le cadre du conte. Elles marquent aussi la noirceur et la violence de cette histoire. En bref sur l’auteur : František Bělohlávek (11 mai 1924, Nový Rychnov – 1er février 2019, Olomouc) peintre, graphiste, affichiste et illustrateur, artiste en arts appliqués et professeur d'université tchèque reconnu pour son influence dans le graphisme et l'illustration en Tchécoslovaquie et au-delà. Il suit une formation artistique au Département d'éducation artistique de la Faculté de pédagogie de l'Université Charles de 1952 à 1955, sous la tutelle de Cyril Bouda. Sa jeunesse est marquée par des épreuves, dont des travaux forcés en Allemagne et une détention dans le camp de concentration de Dachau. Dès 1951, il rejoint le département d'éducation artistique de l’Université Palacký à Olomouc, où il enseigna durant huit ans avant de se consacrer pleinement à son travail artistique en indépendant. František Bělohlávek s’illustre particulièrement dans le domaine de l'illustration et du graphisme. Sa pratique artistique comprenait une vaste production d’affiches, de couvertures de livres, de mises en page, et d’ex-libris, avec une esthétique marquée par une modernité graphique audacieuse. Il a abordé un éventail de thèmes, passant de sujets politiques aux illustrations culturelles et commerciales. Ses affiches, créées notamment pour des événements culturels et des expositions, se distinguaient par un style visuel épuré et géométrique qui reflétait les courants avant-gardistes tout en restant accessible. Dans le domaine des couvertures de livres et de la typographie, Bělohlávek sait intégrer un graphisme soigné qui met en valeur le texte tout en créant un impact visuel fort. Ses mises en page sont rigoureusement conçues pour allier l'efficacité visuelle et l’esthétique, répondant aux exigences de l'édition tout en démontrant une maîtrise de la composition. Il conçoit des illustrations pour des livres aux genres variés, de la littérature pour enfants à des ouvrages de sciences humaines, adoptant des techniques et des styles adaptés au sujet pour captiver différents publics. En parallèle de son activité d'illustrateur et de graphiste, Bělohlávek développe des projets dans les arts appliqués et les arts architecturaux, créant notamment des tapisseries, des mosaïques, et des enseignes pour des bâtiments. Ces œuvres de grande échelle témoignent de sa capacité à transposer son talent graphique dans des formats architecturaux, enrichissant ainsi l’espace public et les intérieurs. Il commence à exposer ses œuvres en solo dès 1967 en République tchèque, en Italie et en Allemagne, et participe à des expositions collectives dès 1959 dans des pays aussi divers que la Pologne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Russie, le Japon et les États-Unis. Ses œuvres sont présentes dans des collections prestigieuses, dont celles du Musée des arts décoratifs de Prague, de la Galerie morave de Brno, du Musée d'art d'Olomouc, et de nombreuses collections privées. Son impact dans le domaine du design graphique est salué par plusieurs distinctions, notamment le 3e prix de la Biennale de l’Art Graphique Appliqué de Brno en 1963 pour le design d’une affiche politique . Tout au long de sa carrière, František Bělohlávek a été membre de nombreux collectifs artistiques, notamment le groupe "Radar", l'Union des artistes tchécoslovaques, l'Union des artistes tchèques, et l'Union des artistes d'Olomouc, où il a œuvré à la promotion et à l'évolution du design graphique en République tchèque. source : BALEKA, Jan. František Bělohlávek. 1. vyd. Ostrava: Profil, 1971

  • Lupiči a Čárytužka

    Lupiči a Čárytužka , (Les Voleurs et le Crayon Magique) écrit par Jurij Michajlovič Družkov (1927-1983 ) illustré par Miroslav Štěpánek, (1923-2005), graphisme de Milan Grygar (1926), 158 pages, éditions Svět Sovětů, 1967. Lupiči a Čárytužka , écrit par Jurij Michajlovič Družkov (1927-1983 ) illustré par Miroslav Štěpánek, (1923-2005), graphisme de Milan Grygar (1926), éditions Svět Sovětů, 1967.     Je ne vais pas m’étendre sur cet ouvrage ni sur l’œuvre de Miroslav Štěpánek (1923–2005), marionnettiste, scénographe, graphiste, illustrateur et animateur de films d’animation renommé. J’ai pu répertorier cinq de ses créations, mais je n’ai eu accès qu’à deux d’entre elles, dont celle-ci. Toutefois, mon propos ici portera principalement sur la maison d’édition Svět sovětů, un sujet qui me semble pertinent compte tenu du contexte historique. Cette maison d’édition est née en 1948, l’année de la prise de pouvoir par les communistes en Tchécoslovaquie. À cette période, de nombreuses maisons d'édition ont été nationalisées, reflétant la mise en place du contrôle étatique sur les médias et la culture. Svět sovětů s’inscrivait dans cette dynamique, avec pour objectif de promouvoir les valeurs et l’image de l’Union soviétique à travers la publication de livres, tant pour adultes que pour enfants. Je me concentre ici sur quelques éléments glanés à propos des publications pour enfants issues de cette maison d’édition. Ces ouvrages, souvent sous forme de brochures ou de petits livres illustrés, visaient à transmettre des messages idéologiques adaptés à un jeune public, tout en faisant découvrir la richesse culturelle des peuples soviétiques. On y retrouvait des contes populaires russes, géorgiens ou ukrainiens, souvent traduits directement des langues d’origine. Bien que rares dans les plans éditoriaux, certains de ces livres pour enfants furent publiés à plusieurs reprises, témoignant d'une certaine popularité.   Maison d'édition de l'Union d'amitié tchécoslovaque-soviétique : De la vulgarisation à la littérature de fiction1. La maison d'édition Svět sovětů (1948–1968), axée initialement sur la vulgarisation et la propagande en faveur de l'Union soviétique, devient en 1968 Lidové nakladatelství, avant de cesser ses activités en 1992.La fondation de la maison d'édition est précédée par les activités éditoriales de l'Union des amis de l'URSS, créée en 1931, qui reprend ses fonctions politico-éducatives dès 1945. En plus d'organiser des conférences et des expositions, cette organisation publie l'hebdomadaire Svět sovětů et diverses publications non périodiques pour promouvoir l'Union soviétique. En février 1948, l'Union des amis de l'URSS fusionne avec la Société pour les relations culturelles et économiques avec l'URSS (fondée en 1925), formant ainsi l'Union d'amitié tchécoslovaque-soviétique (SČSP). C’est dans ce cadre que la maison d'édition Svět sovětů voit le jour en septembre 1948, avec pour mission de publier des ouvrages scientifiques, populaires et des œuvres de fiction d'auteurs soviétiques.En septembre 1951, le statut de la maison d'édition est officiellement approuvé, la rendant entreprise directe de l'Union d'amitié tchécoslovaque-soviétique. En 1968, elle change de nom pour devenir Lidové nakladatelství (LN). Dans les années 1980, Lidové nakladatelství fait face à une désintégration du marché du livre et aux limites de son orientation éditoriale. Elle tente, sans succès, de s’émanciper de l’influence du Comité central de l'Union d'amitié tchécoslovaque-soviétique. En mai 1992, la maison cesse effectivement ses activités, bien qu’un dernier ouvrage soit publié en 1993. L'entreprise est officiellement dissoute en 2002. Durant ses plus de quarante ans d'existence, la maison d’édition collabore avec d'importants graphistes2 et illustrateurs3, parmi lesquels Eva Bednářová, Adolf Born, Albín Brunovský, Vladimír Fuka, et Jaroslav Šerých. Ces artistes apportent leur contribution aux nombreuses publications de Svět sovětů et de Lidové nakladatelství. Au total, plus de 2 500 titres sont publiés, dont 1 200 par Svět sovětů jusqu'en 1968. La maison d'édition dispose également de son propre réseau de librairies, dont la principale est située à Prague avec des succursales dans plusieurs villes tchèques comme Brno, Ostrava, et Pardubice.Une partie des ouvrages est imprimée en Tchécoslovaquie, tandis que l'autre provient de l'Union soviétique. En 1947, un Cercle de lecteurs est créé au sein du magazine Svět sovětů. Ce dernier commence à publier des romans soviétiques en feuilleton, dont certains seront ensuite édités en version économique par l’Union des amis de l’URSS. Les œuvres publiées traitent principalement de sujets comme la fondation des kolkhozes, le mouvement stakhanoviste, ainsi que des réminiscences de la Seconde Guerre mondiale et des actes héroïques de l'Armée rouge. Toutefois, certains auteurs permettent aux lecteurs de découvrir des régions lointaines et la culture de leurs habitant. Lidové nakladatelství publie des ouvrages éducatifs pour adultes et enfants, portant sur la connaissance de l'URSS et de ses pays satellites, ainsi que sur les minorités nationales. Les thèmes abordés sont variés, allant de la littérature au cinéma, en passant par des sujets pratiques et des orientations politiques. Pour les enfants et les jeunes, la maison édite des collections de nouvelles courtes, comme Contes traditionnels, qui propose des anthologies de contes russes, géorgiens et ukrainiens traduits des langues originales. Les livres pour enfants apparaissent rarement dans les plans éditoriaux, et concernent principalement des contes populaires. Certains titres, comme le recueil de contes russes Krása nesmírná revisité par Zdeňka Psůtková, sont publiés à plusieurs reprises. La plupart des ouvrages destinés aux enfants sont au format 15x21 cm, semi-poche, très illustrés, mais peu de livres sont reliés ou possèdent une couverture rigide. En résumé, la maison d'édition Svět sovětů puis Lidové nakladatelství joue un rôle central dans la promotion de la culture soviétique en Tchécoslovaquie, évoluant de la vulgarisation à la publication de romans, tout en s’appuyant sur des collaborations artistiques de renom.   1-    http://slovnikceskeliteratury.cz/showContent.jsp?docId=1694 article de Alena Přibáňová  2-    Milan Albich, Václav Bláha, Milan Erazim, Milan Hegar, Petr Holzner, Pavel Hrach, René Murat, Leo Novotný et Pavel Teimer, ainsi que Zdeněk Adla, Dobroslav Foll, Miloslav Fulín, Oldřich Hlavsa, Jan Solpera, Zdeněk Ziegler, entre autres. 3-    Les illustrateurs : Eva Bednářová, Adolf Born, Pavel Brom, Albín Brunovský, Olga Čechová, Stanislav Duda, Vladimír Fuka, Karel Haloun, Karel Hruška, Miloslav Jágr, Vladimír Jiránek, Boris Jirků, Ludmila Jiřincová, Stanislav Kolíbal, Jitka Kolínská, Vladimír Komárek, Jindřich Kovařík, Oldřich Kulhánek, Alois Mikulka, Michael Rittstein, Pavel Sivko, Zdeněk Smetana, Jiří Šalamoun, Jaroslav Šerých, Vladimír Tesař, Miroslav Váša, entre autres.

  • Všelijaká zvířata pro kluky a děvčata

    Všelijaká zvířata pro kluky a děvčata , ( Toutes sortes d'animaux pour garçons et filles ) écrit par Christian Morgenstern, illustrations de Vratislav Hlavatý, 80 pages, éditions SNDK, 1959. Il y a quelques années, j’ai entraperçu des images de cet ouvrage Všelijaká zvířata pro kluky a děvčata (Toutes sortes d'animaux pour garçons et filles), blk;illustré par Vratislav Hlavatý et publié aux éditions SNDK en 1959. Depuis, j’essaie de mettre la main sur cet ouvrage à un prix décent. Tiré à 10 000 exemplaires, il reste pourtant difficile à trouver. Peut-être que son travail d’affichiste a complètement masqué l'apport d’Hlavatý aux livres pour enfants. Et surtout, j’avais croisé d’autres ouvrages qui, graphiquement, ne m’emballaient pas. Celui-ci, en revanche, est une pépite, entre dessin folklorique et abstraction psychédélique. Hlavatý nous embarque dans un imaginaire exotique enraciné en Tchécoslovaquie. Ici, il s’agit de moderniser et de laisser entrevoir des animaux : poissons, autruches, crocodiles… et bien d’autres, à travers un graphisme psychédélique. Silhouettes et détails sont soulignés par un large trait noir, habités d’aplats de couleurs vives. Quelques éléments extérieurs sont simplement dessinés à l’encre noire : mer, herbes… Quant aux personnages, stylisés, on les distingue par des détails comme les coiffures ou les vêtements, mais ils reposent tous sur la même base.   Les animaux sont en couleur, bien que rarement fidèles à leur apparence d’origine : le rhinocéros est rouge, le crocodile a un corps vert mais une mâchoire violette, le lion peut être jaune, rouge ou orange, et les hérissons sont bleus… Pourtant, tous sont immédiatement reconnaissables ! Hlavatý utilise différentes techniques comme la plongée et la contre-plongée, accentuant la perspective du lecteur qui observe de loin, tel un chasseur ou un aventurier. La plupart des personnages humains nous fixent pour renforcer cet effet. Les couleurs, vives et chaudes, apportent chaleur et dynamisme. Le dessin fige un mouvement en pleine action et donne la sensation de l’instant capturé sur le vif. Les personnages jouent avec le lecteur, l’interpellent, qu’ils soient cachés derrière un mur ou sous la terre. Mais le véritable héros ici, c’est l’animal. Les perspectives sont tronquées, sont faussées pour à chaque fois apporter un point de vue surprenant sur l’animal évoqué. Une petite pépite, je vous dis !   Connu principalement pour son travail d’affichiste, d’illustrateur humoristique et pour sa participation dans des films d’animation, Všelijaká zvířata pro kluky a děvčata  est une petite pépite "folklo-psychédélique", bien avant l’avènement du mouvement américain. Mais je n’ai pas trouvé d’autres termes pour en parler... En bref sur l'artiste : Vratislav Hlavatý est affichiste, peintre, illustrateur, et actif dans l’humour graphique et le film d’animation. Formé à l’École secondaire d’arts appliqués de Prague, puis à l’Académie des arts appliqués de Prague dans l’atelier du professeur Adolf Hoffmeister, il obtient son diplôme en 1958. Il collabore avec des magazines culturels et jeunesse, et illustre des livres pour enfants et adultes. Hlavatý participe à de nombreuses biennales internationales de gravure et d’illustration, ainsi qu’à des expositions en Tchécoslovaquie et à l’étranger. Il reçoit plusieurs distinctions, dont la Zlatá mušle (Coquille d’or) au festival d’animation de Saint-Sébastien en 1968 et des prix aux compétitions d’affiches de film de Hollywood et Chicago. Son style humoristique unique émerge dès ses premières illustrations pour les poèmes de Christian Morgenstern et dans les contes modernes de Lumír Čivrný, où il montre son talent pour la parodie hyperbolique et la stylisation géométrique. Velké, větší, největší (Les grandes aventures) de Jerzy Broszkiewicz marque son entrée dans la science-fiction, avec des thèmes techniques et poétiques. Hlavatý enrichit des récits classiques comme Tři muži ve člunu o psu nemluvě (Trois hommes dans un bateau, sans parler du chien) de Jerome K. Jerome, où il mêle fantaisie, humour et émotion. Il adapte également des œuvres pour la jeunesse polonaise, comme Cesty pana Kaňky (Les aventures de M. Kaňka) de Jan Brzechwa, où il accompagne le héros à travers des royaumes fantastiques comme Abábie, Patentónie et Vařibrady. Sa capacité à fusionner imagination, science-fiction féerique et humour visuel lui confère une place unique dans l’illustration tchèque pour enfants.

  • Tajný spolek PGC

    Tajný spolek PGC, écrit par Anton Ingolič (1907-1992), Stanislav Duda (1921-2008), graphiste Zdeněk Mlčoch (1921-1995), SNDK 1958.

  • O smutném tygrovi

    O smutném tygrovi (à propos d’un tigre triste) , écrit et illustré parAlois Mikulka, éditions SNDK ( Státní nakladatelství dětské knihy ) 1968. L'ours ne fait pas mention d'un·e graphiste. O smutném tygrovi  (traduit littéralement en français par À propos d'un tigre triste ) est un livre tchèque pour enfants, écrit et illustré par Alois Mikulka, publié en 1968 par les éditions SNDK ( Státní nakladatelství dětské knihy ). Il s'agit de son sixième ouvrage pour cette maison d'édition d'État, le premier ayant été publié en 1961. L'histoire se déroule dans un cirque et met en scène un tigre souffrant d'une profonde tristesse. Le thème principal du livre tourne autour des émotions, notamment la tristesse, et explore comment les personnages de cette fable philosophique tentent de comprendre et de guérir ce tigre mélancolique. En tant que conte pour enfants, O smutném tygrovi aborde des thèmes universels tels que l'amitié, la solidarité et la quête de liberté. Ce livre se distingue par son approche sensible et délicate, rappelant aux jeunes lecteurs que même les créatures féroces peuvent avoir des émotions et des vulnérabilités. Il véhicule également un message sur la cruauté liée à l'enfermement des animaux. Alois Mikulka, en plus d'être l'auteur, est également l'illustrateur de cet ouvrage. Ses illustrations sont connues pour leur style naïf, expressif et grotesque, qui évoque l'univers des enfants. Ce style contribue à renforcer l'atmosphère mélancolique de l'histoire. Les dessins, réalisés avec des pastels gras, se caractérisent par des couleurs vives et des formes imaginatives qui captent l'attention des jeunes lecteurs tout en soutenant visuellement le récit. Le style pourrait d'ailleurs s'apparenter à la manière dont les enfants dessinent, ce qui crée une proximité avec leur univers. Le livre a été publié en 1968, une année marquante en Tchécoslovaquie à cause du Printemps de Prague, un mouvement de libéralisation politique et culturelle. Bien que O smutném tygrovi  ne soit pas directement lié aux événements politiques, cette période de bouleversements a influencé la créativité et l'expression culturelle, y compris dans la littérature jeunesse. Certains artistes investissaient la littérature pour enfants par idéologie, tandis que d'autres y trouvaient une source de survie financière. L'œuvre de Mikulka reflète cette époque d'incertitude et d'exploration de nouvelles émotions, même pour les plus jeunes lecteurs. O smutném tygrovi  s'inscrit dans une tradition de contes philosophiques pour enfants, permettant aux jeunes lecteurs de réfléchir sur leurs émotions à travers des récits fantastiques. Ce livre est bien plus qu'un simple conte pour enfants. Il explore les émotions humaines à travers un récit simple mais profond, enrichi par des illustrations vibrantes et expressives. L'œuvre d'Alois Mikulka reste un exemple marquant de la littérature jeunesse tchèque, grâce à sa capacité à traiter des sujets sensibles avec une imagination débordante, une sensibilité artistique et une grande liberté de ton et de style graphique, malgré la période difficile que traversait la Tchécoslovaquie . En bref sur l’artiste : Alois Mikulka (1933-2024) est un artiste multidisciplinaire, connu à la fois pour ses œuvres littéraires et visuelles. Né en 1933, il a marqué la scène artistique tchèque avec des livres pour enfants, des sculptures et des peintures. Ses livres se distinguent par une approche poétique et philosophique, avec une touche d'humour et un style graphique unique. Alois Mikulka est un auteur, illustrateur et artiste tchèque très prolifique, surtout connu pour ses ouvrages de littérature jeunesse. Il a également exploré d'autres formes d'art telles que la sculpture et la peinture. En dehors de la littérature, Mikulka est reconnu pour ses œuvres dans les arts plastiques, avec des expositions de peintures et sculptures en République tchèque et à l'étranger. Son style est souvent qualifié de surréaliste, abstrait, et empreint d'une naïveté qui reflète son travail dans la littérature jeunesse. Mikulka a influencé des générations de lecteurs en Tchécoslovaquie et au-delà. Ses œuvres se distinguent par leur style visuel unique et leur capacité à aborder des sujets philosophiques avec légèreté et imagination. Ses livres ont souvent une dimension pédagogique et émotionnelle, tout en restant accessibles et ludiques pour les enfants.

  • Dům u pětiset básníků

    Dům u pětiset básníků (La Maison des Cinq Cent Poètes), écrit et illustré par Alois Mikulka, graphisme Viktor Šafár, éditions Krajské Nakladatelství (Brno), 1964. Alois Mikulka illustre son premier livre pour enfants en 1961. Trois ans plus tard, il a déjà illustré une dizaine d'albums. Il utilise différentes techniques : le trait noir, les aplats de couleurs, les ombres. Mais pour ce dernier, il utilise une méthode dans laquelle il excelle : le pastel gras et les crayons de couleur. Pour certains de ses ouvrages, il ne réalisera que les couvertures et les pages de garde avec cette méthode. Mais celui-ci, Dům u pětiset básníků (La Maison des Cinq Cent Poètes), est bien différent : il est entièrement réalisé aux pastels gras et aux crayons de couleur.   Dès la couverture, le ton est donné : la maison des poètes est enfermée derrière des barbelés ! La typographie manuscrite est radicale. Les lignes ne sont pas droites, et le contour des lettres dessinées est grossier. Le texte est séparé par des lignes de croix rappelant des fils barbelés. Un personnage au trait enfantin est placé en bas à gauche, faisant face au sigle de la maison d'édition KN et à la ville de Brno. Au dos de la couverture, une maison aux multiples pièces fait penser à un château. Que ce soit sur la couverture ou au dos, l’espace blanc est presque saturé.   Alois Mikulka manie avec brio la narration dès les pages de garde, et cet ouvrage en est l'une des plus belles démonstrations. La page de garde d’ouverture est saturée d’une nuit bleutée traversée d’avions, de bateaux et de tanks militaires. Les couleurs sont saturées, le trait est naïf, épais, et pourtant, malgré la maladresse apparente du dessin, un équilibre, une énergie et une compréhension se dégagent. Ici, il sera question de guerre, de militaires qui amènent avec eux la nuit et la noirceur. Les pages de garde finales, en revanche, montrent un ciel lumineux éclairé par un soleil souriant et rigolo. Ses rayons arrondis apportent de la joie et de la douceur. Le ciel est traversé par des oiseaux dessinés maladroitement, et un personnage portant une couronne est représenté. Mais qui est-il ?   Dès le premier coup d'œil aux pages de garde, on sait qu’il sera question d’un temps malheureux, mais que la joie reviendra à la fin.   L’histoire est assez délirante, loufoque, et un tantinet mièvre. Mais le burlesque l’emporte sur la légèreté. En résumé, c’est l’histoire d’une garnison et de son méchant général qui se transforment en poètes humanistes. Une garnison de 500 soldats, dirigée par un général autoritaire et méchant, reçoit la visite d’une sorcière qui, après les avoir envoûtés par la diffusion d’un parfum, transforme tous les soldats en poètes. Un élément important est que la première chose qu’ils font en tant que poètes est de dessiner chacun leur emblème : une colombe. Le résultat est plus ou moins réussi, mais après découpage, elles prennent vie et s’envolent pour distribuer des messages : poèmes, chansons, comptines, anecdotes aux gens malheureux… Il sera aussi question d’une visite de 500 peintres et d’une grande fête, ainsi que du retour de la sorcière, qui, grâce à la poésie et à l'amour des soldats, devient belle.   Cette histoire grotesque est délicieusement accompagnée des dessins de Mikulka, aux traits gras et aux formes sommaires et simplistes. On pourrait les comparer à des dessins d’enfants naïfs. Pourtant, l'équilibre des formes et des couleurs, ainsi que la lecture des images, montrent que cet univers est trop bien pensé et défini pour qu'il s'agisse de l'œuvre d’un enfant ; il s’agit bien de celle d’un artiste. Par cette parodie, calquée sur des contes classiques et bécassins, Mikulka, à travers son propos et ses dessins, nous amène à la lisière d’une fable absurde pour enchanter le cœur, l’esprit et les yeux des enfants. En bref sur l'auteur : Alois Mikulka (1933) est un peintre, sculpteur, auteur et illustrateur joyeux de livres pour enfants. Après des études aux Arts appliqués de Brno, il étudie aux Beaux-Arts de Bratislava, d'où il sort diplômé en 1958. Il se concentre essentiellement sur la création artistique, la peinture et la sculpture. Le domaine de l’illustration occupe une place relativement réduite dans son travail de création. Cependant, il illustre presque une centaine d’albums, dont certains sont encore réédités. Il écrit, dessine et peint pour différents magazines tout au long de sa carrière (Mateřídouška, Sluníčko, Sedmička pionýrů…). Il vit à Brno ! Il refusera, tout au long de sa carrière professionnelle, toute ingérence extérieure (éditeur, galeriste…) dans son travail.

  • Mravenečník v početnici.

    Mravenečník v početnici, écrit par Miloš Marcourek (1926-1932), illustré par Miroslav Štěpánek (1923 – 2005), graphisme de Milan Grygar (1926), éditions SNDK, collection Kulb Klub Mladých čtenářů, 1966. Je ne vais pas m’étendre sur le travail de Miroslav Štěpánek (1923 – 2005) pour lequel je ne trouve que peu d’informations sur son travail d’illustrateur de livres pour enfants1 et celui d’animateur de film travail. Peut-être que sa collaboration régulière avec un autre grand réalisateur Břetislav Pojar (1923-2012) a masqué son apport. Pourtant de nombreuses discussions avec des artistes tchèques soulignent l’importance de son univers graphique dans les films d’animation et en particulier pour celle de la série "Pojďte pane budeme si hrát"2 (« Monsieur et Monsieur »). Břetislav Pojar est à l’origine de nombreuses trouvailles visuelles en cinéma d’animation et de marionnettes. Mais Il n’est pas à l’origine de l’animation de marionnettes en semi-relief avec un côté en volume et un côté plat, que l’on retrouve dans la série « Monsieur et Monsieur », ni du dessin et de l’univers graphique ce sont des créations de de Miroslav Štěpánek. Le fait que son nom disparaisse mystérieusement des génériques est incompréhensible …. 1 - Je n’ai référencé que 5 livres pour l’instant. 2 - "Pojďte pane budeme si hrát", Rréalisateurs : Břetislav Pojar et Miroslav Štěpánek image Vladimír Malík, musique Wiliam Bukový. Deux saisons. 1ère saison 1965-1967, 6 épisodes. 2 ème saison 1970-1973, 5 épisodes. Diffusé en France par les films du préau en 2006 sous le titre de série Monsieur et monsieur. En bref sur l'artiste : Miroslav Štěpánek (1923 – 2005), il est diplômé du lycée Dvořák de Kralupy nad Vltavou, étudie brièvement l'histoire de l'art à la faculté des arts de Prague et obtient son diplôme en scénographie de la DAMU en 1950. il suit ensuite une formation artistique auprès du peintre František Tichý à l'Académie des beaux-arts. Peu de temps après, il conçoit le décor et les marionnettes pour la pièce "Gulliver v Maňáskově". Štěpánek explore a divers domaines artistiques tels que l'art graphique, les marionnettes, la caricature, la scénographie, l'illustration de livres, la typographie, la sculpture et l'infographie, se distinguant surtout dans l'art et la mise en scène d'animation. Il travaille sur des œuvres scénographiques pour le Ballet du Théâtre national et illustre des livres importants. Sa contribution à la série animée « Pojďte pane, budeme si hrát ».  avec le scénariste Ivan Urban et le réalisateur Břetislav Pojar. Il invente également  une technologie de marionnettes innovante, utilisée notamment dans la série sur les ours. Après des années de succès, Štěpánek se retire en 1983 en raison de désaccords de droits d'auteur avec Břetislav Pojar. Son travail pour le projet « Pojďte pane, budeme si hrát » est actuellement retiré sans explication. Štěpánek continue à défendre ses droits d'auteur, mais certaines publications omettent encore de reconnaître sa contribution. En 2003, il reçoit  le "prix de l'auteur" pour l'ensemble de son œuvre dans le film d'animation tchèque, reconnaissant actuellement sa contribution à la série " Pojďte pane, budeme si hrát  " et à d'autres films. Le prix Andrej Stankovič salue son engagement envers le cinéma d'animation tchèque. Miroslav Štěpánek, artiste polyvalent, laisse une empreinte indélébile sur le monde de l'animation tchèque,il est  reconnu pour sa créativité et son influence significative. "Pojďte pane budeme si hrát" pour en voir plus

  • Růže z pouti

    Růže z pouti, texte et graphisme de Zdenek Seydl, éditions SNKLH (Státní Nakladatelství krásné literatury hudby a umění), 1960. Au début des années 60, paraît un ouvrage documentaire intitulé Růže z pouti. Cet ouvrage traite du théâtre et s'adresse à tous, jeunes lecteurs et adultes dont le graphisme et l’illustration est réalisé par Zdenek Seydl ! Il vient de découvrir le travail de Miró et possède également une bonne connaissance des papiers découpés de Picasso et Braque. Il réalise un ouvrage surprenant d'un bout à l'autre, sans dessiner, se contentant de composer des montages avec différents éléments. On y trouve également des éléments décoratifs, tels le rond sur le "u" et le cœur sur le "Z", pour signifier deux accents tchèques (le ů = kružek et la čarka). Les premières pages ne sont composées que de découpages de photos, de motifs floraux et de décorations typographiques spécifiques que la presse et la publicité utilisent. On y trouve des photos en noir et blanc ou colorisées, de l’imagerie populaire détourée, des cartes de tarots. Cet ouvrage puise dans une tradition graphique inépuisable, mais c’est une modernité éclatante et débridée qui se révèle dans son travail. Je ne peux m’empêcher de penser au travail à la même époque de John Alcorn sur la typo …. En bref sur l’auteur : Zdenek Seydl (Zdeněk Seidl) 1916-1978. Au milieu des années 1930, Zdenek Seydl est diplômé des arts appliqués de Prague. À la fin des années 1930, il réalise ses premières illustrations pour le compte des éditions František Borový, fréquentées par Karel et Josef Čapek. Après-guerre, il commence à travailler en tant que graphiste sur les œuvres des frères Čapek, de Josef Lada et bien d'autres. La simplicité et la spontanéité des couvertures réalisées par Josef Čapek l'inspirent. De 1949 à 1976, il est éditeur et directeur artistique pour la maison d'édition d'État Československý spisovatel. Il éditera plus de 1500 œuvres (romans, polars, poésie…) et interviendra graphiquement dans la plupart (Zdenek Seydl a knihy, BYTELOVÁ, Denisa, Jiří HŮLA, Irena LEHKOŽIVOVÁ, éd. Archiv výtvarného umění, 2015). Il crée la ligne graphique de plus d'une trentaine de collections, pour chacune, il définie une identité propre et reconnaissable par le lecteur, colorée et teintée de joie. Le modernisme tchèque, le dadaïsme et le surréalisme, via son goût pour l'absurdité, l'humour poétique et l’exagération habitent ce faiseur de livres que fut Zednek Seydl (Zdenek Seydl a knihy, BYTELOVÁ, Denisa, Jiří HŮLA, Irena LEHKOŽIVOVÁ, éd. Archiv výtvarného umění, 2015). Il aura illustré de nombreux romans, où le dessin grotesque de ses personnages, vêtus de costumes bariolés, fera merveille.! Le graphisme est audacieux, une abstraction pleine de joie !

  • Kolečko

    Kolečko, écrit et illustré par Zdenek Seydl, éditions Albatros 1972. Zdeněk Seydl réalise les illustrations de 28 livres pour enfants, la plupart pour la maison d’édition d'État SNDK (jusqu'en 1968, puis devient Albatros). Cinq de ces ouvrages sont illustrés aux crayons-feutres. Kolečko en fait partie, le seul dont il écrit le texte. Il aurait été facile pour Seydl d’écrire en rime, mais il préfère jouer sur l’oralité de la langue, et sur le rythme rendu par la sonorité des mots et de la longueur des syllabes. Si la page de titre prend deux pages c’est pour mieux poser l’intention de jouer avec le lecteur. Le personnage ne peut être entier sans son nez qui est obtenue par addition d’une rose Fi+Lip = Filip ! Sur la page de droite, la devise de ce livre est annoncée : oko vidí daleko ale mysl dále / l'œil voit loin mais l'esprit voit plus loin ! À la droite collée à la reliure en tout petit caractère un poème de Seydl qui invite à : Protože a proč? / Parce que et pourquoi ? Kolečko je jako písmeno O / La petite roue est comme la lettre O anebo panenka v oku, / ou une poupée dans l'œil, kulaté / ronde jako hlava, terč a nebo koláč / comme une tête, une cible ou un gâteau i tečka, et un point kterou končí každá věta. / lequel termine chaque phrase Anebo den. / ou bien le jour Elektrony a protony, / électrons et protons kutálející se v jádru atomu / tournoyant dans le noyau de l’atome jako chlapeček a holčička, / comme un petit garçon et une petite fille hrajou si s míčem, malujou / ils jouent avec une balle, ils peignent na chodník křídou slunce, / sur le trottoir à la craie le soleil kterým začíná každý den znovu zase… / Lequel recommence tous les jours protože a proč? Parce que et pourquoi ? Štěstí leží na rozcestí! Takže… Le bonheur est à la croisée des chemins ! Si bien que …. Modrají se pomněnečky, zelená se / Les myosotis bleuissent, le vert devient vert klokočí, klokočí, kdo se se mnou v tom kolečku, ♪ /…(chanson de šlitr! ) faux pistachier…….. qui est avec moi dans la roue (du monde) kdo se se mnou zatočí… / qui va me faire tournicoter/ tourner la tête … Sous la forme de poème, Seydl invite les parents lecteurs et les enfants à l’imagination car l’esprit voit plus loin …. Mais étonnamment en page 8 un texte assez long, contraint sur la page de gauche écrit par l’éditrice Olga Krejčová : "…… Certains disent que Zdeněk Seydl peint comme des enfants. Oui? Non? Oui et non. Tout n'est pas aussi simple qu'il y paraît. L'œil voit loin, mais l'esprit voit plus loin, dit l'introduction du livre d'images Kolečko. Ce livre a été conçu et peint par Zdenek Seydl pour les enfants fascinés par le mouvement. …….. Laissez-le vous dire : voici le soleil, voici les verres, voici les cerises, voici comment pousse une pomme, voici comment le porridge est mélangé dans une assiette, voici comment ma mère a décoré mon gâteau d'anniversaire... Racontez-nous l'histoire …… C’est ainsi que bougent les aiguilles d’une horloge et c’est ainsi que la balle roule. C’est ainsi que le globe tourne. qu'est-ce que c'est? Nous vivons sur la terre , tous les gens vivent ici, même maman, papa et toi ….... Kolečko, n’est pas un livre qui doit être lu d’un bout à l’autre. Ses peintures sont comme des partitions, chacune étant le début de nombreuses chansons différentes……..Tout d'abord, jetez un œil au livre vous-même, puis ouvrez-le avec votre tout-petit et jouez avec lui à un jeu qui est une joie de mouvement, de vie en général. Et avec le peintre, profitez de la conscience de l'habileté humaine et de la puissance créatrice qui, même dans les plus petites - comme on dit, ne dort pas, mais attend avec impatience de se développer. Olga Krejčová donne les clés de compréhension de cet ouvrage novateur ! Les outils utilisés par Seydl sont enfantins, certes, mais le résultat est qu'ils peuvent charmer petits et grands lecteurs. L'identité graphique est radicale, une abstraction joyeuse. En bref sur l'auteur : Zdenek Seydl (Zdeněk Seidl) (1916-1978) est un artiste polyvalent, notamment peintre, graphiste, typographe, illustrateur, céramiste, scénographe et créateur de films d'animation, designer textile. À l'âge de 13 ans, il remporte le premier prix d'enfants à Prague. Au milieu des années 1930, Zdenek Seydl est diplômé en arts appliqués de Prague. Entre 1932 et 1933, il suit des cours de technique graphique à Prague, puis de 1933 à 1936, il étudie aux Arts Appliqués de Prague. En 1937, il collabore à la décoration du pavillon tchécoslovaque lors de l'exposition universelle de Paris. À la fin des années 1930, il réalise ses premières illustrations pour les éditions František Borový, où il côtoie des personnalités comme Karel et Josef Čapek. Après la Seconde Guerre mondiale, il commence à travailler en tant que graphiste sur les œuvres des frères Čapek, de Josef Lada, et bien d'autres. Il s'inspire de la simplicité et de la spontanéité des couvertures réalisées par Josef Čapek. En 1939, ses premières illustrations sont publiées, "Muži nemilují andělů" (Les hommes n'aiment pas les anges), de Milena Nováková aux éditions Českomoravský Kompas. De 1945 à 1947, il participe à la conception de courts métrages d'animation avec Jiří Brdečká, il est ensuite impliqué dans de nombreuses productions cinématographiques d'animation. Cependant, l'élément le plus marquant de la carrière de Zdenek Seydl est son engagement à la maison d'édition d'État Československý spisovatel en 1949, où il travaille en tant qu'éditeur et directeur artistique et graphiste jusqu'en 1976. Il édite plus de 1500 livres et apporte sa contribution graphique à des centaines d'autres. Il conçoit également une trentaine d'identités graphiques pour des collections. Il fait travailler des talents tels que Milan Grygar (1926-), Jiří Šalamoun (1935-2022), Václav Sivko (1923-1974), et bien d'autres. En 1951, il se marie avec l'illustratrice Helena Zmatliková (1923-2005), dont le travail est très reconnu en Tchécoslovaquie. À la fin des années 1950, il commence à travailler pour le théâtre, concevant des décors et des costumes, notamment pour le théâtre national, et est récompensé à plusieurs reprises pour ses réalisations dans ce domaine. Il reste actif dans ce secteur jusqu'à la fin de sa vie.

  • Třesky plesky

    Třesky plesky, écrit par Miroslav Florian et illustré par Zdenek Seydl, éditions Albatros, 1972. Zdenek Seydl, artiste prolifique, s'illustre dès le début de cette décennie en créant une série d’ouvrages destinés aux tout-petits. Cette série comprend 5 titres, tous réalisés avec une palette de feutres aux couleurs vives. Parmi eux, ce livre se place en tant que troisième opus, offrant une expérience radicalement joyeuse et imaginative. Dans cette œuvre singulière, l'audace créative est à l'honneur : les lettres, les objets, mais aussi les légumes et les fruits prennent soudain vie sous les traits de Seydl. Une vitalité éclatante émane de chaque page, captivant l'imagination des lecteurs jeunes et moins jeunes. Je vous laisse découvrir par vous-même la magie de cet ouvrage

  • První Třída

    První Třída Kašička, écrit par Olga Štruncová, illustré par Zdenek Seydl, éditions Albatros, collection Klub mladých čtenářů, Prague 1970. Zdenek Seydl illustre au début des années 70 une série d'ouvrages pour les tout-petits. Composée de 5 titres, tous réalisés aux crayons feutres. Deuxième titre de la série, První Třída Kašička , écrit par Olga Štruncová est un recueil de comptines, de rébus, de jeux de langue, de jeux de mots et de chiffres. Dès la couverture, son goût pour le dessin aux feutres est annoncé. Zdenek Seydl donne un caractère graphique enfantin à cet ouvrage. Il joue avec les lettres et les chiffres en leur ajoutant des éléments humains : yeux, bouches. Il rend vivants tous les éléments de la page qui jouent le rôle de narrateur. Le tout donne un sentiment de liberté, de pagaille joyeusement enfantine : « J'essaie de dessiner pour les enfants aussi simplement que possible, mais en même temps d'être compréhensible. La liberté d'expression, l'abréviation perdent leur sens lorsqu'elles se font au détriment de l'intelligibilité... La poésie, la fantaisie lyrique ne doivent pas manquer dans un livre pour enfants. » 1 - Zdenek Seydl a knihy. Denisa Bytelová, Jiří Hůla, Irena Lehkoživová, éditions Archiv výtvarného umění, 2015. "Le modernisme tchèque, le dadaïsme et le surréalisme, via son goût pour l'absurde, l'humour poétique et l’exagération habitent ce faiseur de livres qu'était Zednek Seydl"2. Il aura illustré de nombreux romans, où le dessin grotesque de ses personnages, vêtus de costumes bariolés, fera merveille. L'identité graphique est radicale, une abstraction réjouissante ! 2 - Zdenek Seydl a knihy, Denisa Bytelová,Jiří Hůla, Irena Lehkoživová, éd. Archiv výtvarného umění, 2015. En bref sur l'auteur : Zdenek Seydl (Zdeněk Seidl) (1916-1978) est un artiste polyvalent, notamment peintre, graphiste, typographe, illustrateur, céramiste, scénographe et créateur de films d'animation, designer textile. À l'âge de 13 ans, il remporte le premier prix d'enfants à Prague. Au milieu des années 1930, Zdenek Seydl est diplômé en arts appliqués de Prague. Entre 1932 et 1933, il suit des cours de technique graphique à Prague, puis de 1933 à 1936, il étudie aux Arts Appliqués de Prague. En 1937, il collabore à la décoration du pavillon tchécoslovaque lors de l'exposition universelle de Paris. À la fin des années 1930, il réalise ses premières illustrations pour les éditions František Borový, où il côtoie des personnalités comme Karel et Josef Čapek. Après la Seconde Guerre mondiale, il commence à travailler en tant que graphiste sur les œuvres des frères Čapek, de Josef Lada, et bien d'autres. Il s'inspire de la simplicité et de la spontanéité des couvertures réalisées par Josef Čapek. En 1939, ses premières illustrations sont publiées, "Muži nemilují andělů" (Les hommes n'aiment pas les anges), de Milena Nováková aux éditions Českomoravský Kompas. De 1945 à 1947, il participe à la conception de courts métrages d'animation avec Jiří Brdečká, et est ensuite impliqué dans de nombreuses autres productions cinématographiques d'animation. Cependant, l'élément le plus marquant de la carrière de Zdenek Seydl est son engagement à la maison d'édition d'État Československý spisovatel en 1949, où il travaille en tant qu'éditeur et directeur artistique et graphiste jusqu'en 1976. Il édite plus de 1500 livres et apporte sa contribution graphique à des centaines d'autres. Il conçoit également une trentaine d'identités graphiques pour des collections. Il fait travailler des talents tels que Milan Grygar (1926-), Jiří Šalamoun (1935-2022), Václav Sivko (1923-1974), et bien d'autres. En 1951, il se marie avec l'illustratrice Helena Zmatliková (1923-2005), dont le travail est très reconnu en Tchécoslovaquie. À la fin des années 1950, il commence à travailler pour le théâtre, concevant des décors et des costumes, notamment pour le théâtre national, et est récompensé à plusieurs reprises pour ses réalisations dans ce domaine. Il reste actif dans ce secteur jusqu'à la fin de sa vie.

  • Maxipes Fík

    Maxipes Fík, écrit par Rudolf Čechura, illustré par Jiří Šalamoun, éditions Albatros, 1981. Publié en France en deux volumes aux éditions La Joie de Lire : 1 - Médor le maxichien, traduit par Krystyna Matysova et Aurélie Rouget-Garma, 2013. 2 - Sacré Médor, traduit par Benoît Meunier, 2014. En cette période communiste, la télévision d'État a besoin de produire du contenu conforme aux directives gouvernementales. En 1975, Jiří Šalamoun participe à la conception d'une série d'animation commandée par la télévision tchèque pour l'émission « Verčeníček » (équivalent à la même époque de « Bonne nuit les petits »). Maxipes Fík (Médor le maxichien), écrit par Rudolf Čechura (1931-2014), raconte l'histoire d'un chien qui devient tellement grand qu'il vit des scènes cocasses mêlant rire, larmes et grotesque. En bref, ce chien est doué de parole et arrête de grandir après avoir bu de la bière. Une histoire drôle, irrévérencieuse et rafraîchissante. Une aventure qui, pourtant, franchit les pièges de la censure. Le film est un succès, mais éclipse quelque peu l'œuvre gigantesque de cet artiste. Les 13 premiers épisodes sont diffusés en 1976, et le succès est tel que 13 autres suivent. (La télévision tchèque commande un épisode coquin pour les adultes qui sera diffusé le 31 décembre 1978.) Le succès pousse à la production de produits dérivés : disques, figurines et livre. En 1979, paraît Maxipes Fík u klokanů (Médor le Maxichien chez les kangourous, éd. Albatros), un leporello pour tout-petits. En 1981, l'album Maxipes Fík, un recueil de 7 histoires, chamboule l'univers graphique du livre pour enfants. Pour chaque dessin animé, il a préparé 80 dessins, que les animateurs adaptent, transforment et colorisent, en utilisant des tons pastels souvent matiérés, avec peu d'aplats. Jiří Šalamoun part de ces dessins, sélectionne les séquences, retravaille les détails. Il se sert d'aplats de couleurs, l'ocre domine, des touches de vert, de rouge et de rose, des couleurs percutantes, et transforme l'ambiance. Il conserve les notifications des numéros d'images en haut à gauche de chaque case (Obr. = obraz veut dire image). Un rappel au dessin animé, mais aussi à sa passion pour les planches de dessins scientifiques. Il compose une histoire séquentielle, une bande dessinée, mais inspirée dans sa construction par des publications populaires (loubok). Il ose faire une bande dessinée en bravant les interdits, la bande dessinée est à ce moment là proscitr par le par le parti communiste. Depuis le début des années 70, sur le même principe, il réalise de multiples sérigraphies, pour la plupart des compositions séquentielles. Il est à l'aise avec cette technique. L'intérêt est le rendu d'impression, bien sûr, mais surtout sa diffusion plus facile face aux règles. Ce n'est pas de la bande dessinée sous forme de livre, et ce n'est pas de "l'art", ce n'est pas de la peinture. Mais véritablement une production populaire, facile à réaliser et diffusable. Pour cet ouvrage il recadre, découpe, extrait des éléments, personnages, mais conserve pour chaque image le cadre. Une énergie se dégage des dessins, un rythme, un mouvement. Il se sert des bulles pour des expressions et onomatopées qui commentent et rythment l'histoire. Le texte du haut est toujours encadré, le texte du bas est dans le cadre. Cette disposition crée une cadence visuelle et de lecture. En cette période de normalisation, il n'hésite pas à caricaturer les policiers, aux postures grotesques et à dévoiler l'ambiguïté des situations. Dans cette période de normalisation, les familles se replient sur elles et le muret disproportionné de la maison d’Aïa en est la parfaite représentation. Jiří Šalamoun n'est pas un dissident, mais au travers de ses dessins souligne l'ambiguïté et l'absurdité de cette époque. " Je suis plus un commentateur qu'un illustrateur" (Jiří Šalamoun, "Possibles visions du monde", 2021, p. 287). Un commentateur subtil aussi de son époque. Ce livre est aussi l'expression de l'attachement, de la générosité artistique que Šalamoun met dans son travail. Il illustre plus de 100 ouvrages, une grande partie étant des romans : "Le dernier des Mohicans", "Bilbo le Hobbit" (interdit très vite après parution),… il crée pour chacun un univers graphique unique au trait dynamique et au ton mordant et grotesque. En bref sur l’auteur : Jiří Šalamoun (1935-2022), il est un artiste, poète, enseignant, affichiste et illustrateur. Il suit des études à l'Académie des beaux-arts de Prague de 1952 à 1956, puis part à Leipzig pour suivre un cursus à l'École supérieure des arts graphiques et du livre de 1956 à 1960. Il commence sa carrière en tant que graphiste dans une revue sur le dessin pour enfants, ce qui le passionne. Au milieu des années 60, il entame une collaboration de plus de vingt ans avec la revue de cinéma Filma Doba, en tant que graphiste, aux côtés de sa femme, Eva Natus-Šalamounová (1936-2018), une artiste allemande d'envergure, illustratrice. Il s'amuse avec la typographie, utilise et dessine diverses polices et tailles de caractères pour en exploiter la puissance artistique, et insère parfois des éléments dessinés par lui-même. Dans les années 60,, la Tchécoslovaquie vit une période de relative liberté, un communisme "à visage humain", et tous les domaines de l'art sont en ébullition, notamment la "nouvelle vague" du cinéma tchèque. En travaillant pour de nombreuses éditions, dont Československý spisovatel et Mladá Fronta, il rencontre d'autres graphistes et illustrateurs talentueux, tels que Vacláv Sivko (1923-1974) et Milan Kopřiva (1929-1977 également leurs dessins. Il illustre plus de 100 ouvrages, une grande partie étant des romans : Le dernier des Mohicans, Bilbo le Hobbit (interdit très vite après parution). Il crée pour chacun un univers graphique unique au trait dynamique et au ton mordant et grotesque.

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